Coronarographie et angioplastie : comment se déroule l’examen

Rédigé et relu par le Dr Mahmoud Amine Krimech

La coronarographie est l’examen qui permet de voir directement les artères coronaires, celles qui nourrissent le muscle cardiaque. Aucun autre examen ne donne cette image-là. Le mot inquiète souvent plus que le geste lui-même, en grande partie parce que son déroulement est mal connu.

À quoi sert cet examen

Un produit de contraste est injecté directement dans les artères du cœur et suivi par radiographie. On voit alors l’artère se remplir, et surtout on voit où elle se rétrécit, sur quelle longueur et à quel point. Cette information conditionne toute la suite : traitement médicamenteux seul, dilatation avec pose d’un stent, ou pontage chirurgical.

L’examen est proposé dans deux contextes très différents : en urgence, devant un infarctus, où chaque minute compte pour rouvrir l’artère bouchée ; ou de façon programmée, quand une angine de poitrine, un test d’effort anormal ou un bilan avant chirurgie font suspecter une maladie coronaire significative.

Avant l’examen

  • Un bilan sanguin récent est demandé, notamment la fonction rénale, car le produit de contraste est éliminé par les reins.
  • Il faut signaler toute allergie, en particulier une réaction antérieure à un produit de contraste iodé.
  • La liste complète des traitements doit être communiquée : certains, comme les anticoagulants ou certains antidiabétiques, font l’objet de consignes spécifiques. Ces consignes sont données par le médecin — aucun traitement ne s’arrête de sa propre initiative.
  • On est généralement à jeun depuis quelques heures, sauf indication contraire.
  • Le déroulement, le bénéfice attendu et les risques sont expliqués avant le geste, et le consentement est recueilli.

Pendant l’examen

Le point qui surprend le plus : on reste éveillé. Il n’y a pas d’anesthésie générale. Le patient est allongé sur une table de radiologie, relié à un monitorage, et peut parler avec l’équipe pendant toute la durée du geste.

  • L’accès se fait le plus souvent par l’artère radiale, au poignet — voie qui permet de se lever plus tôt et limite les complications au point de ponction — parfois par l’artère fémorale, au pli de l’aine.
  • Une anesthésie locale est faite à cet endroit. C’est la piqûre du début que l’on sent ; ensuite, la progression du cathéter dans les artères est indolore, car les artères ne sont pas sensibles.
  • Au moment de l’injection du produit, il est fréquent de ressentir une bouffée de chaleur passagère.
  • Il peut être demandé de retenir sa respiration quelques secondes ou de tousser à la demande, pour améliorer la qualité des images.
  • Une coronarographie diagnostique dure en général 20 à 30 minutes.

L’angioplastie et le stent

Lorsqu’un rétrécissement significatif est découvert, il est souvent traité dans le même temps, sans nouvelle ponction. Un ballonnet est amené au niveau du rétrécissement puis gonflé quelques secondes pour écraser la plaque contre la paroi : c’est l’angioplastie. Un stent, petit ressort métallique, est le plus souvent déployé pour maintenir l’artère ouverte. Le geste est alors un peu plus long, et une douleur thoracique brève peut être ressentie au moment du gonflage du ballonnet, le temps que l’artère soit momentanément obstruée. Elle disparaît au dégonflage.

La même technique s’applique aux artères des jambes et des reins ; c’est le principe de l’angioplastie périphérique.

Après

  • Un bracelet ou pansement compressif est laissé plusieurs heures sur le point de ponction, et desserré progressivement.
  • Une surveillance du rythme, de la tension et du point de ponction est assurée pendant quelques heures. La durée d’hospitalisation dépend du contexte : de l’ambulatoire à plusieurs jours après un infarctus.
  • Il est conseillé de boire abondamment dans les heures qui suivent, pour aider les reins à éliminer le produit de contraste.
  • Le port de charges lourdes avec le bras ponctionné est évité quelques jours.
  • Un bleu au poignet ou à l’aine est banal ; en revanche un gonflement qui augmente, une douleur croissante, une main froide ou un saignement actif doivent conduire à consulter en urgence.

Le traitement après un stent : le point le plus important

Après la pose d’un stent, un traitement associant deux antiagrégants plaquettaires est prescrit pour une durée déterminée. Ce traitement empêche la formation d’un caillot dans le stent. Son interruption prématurée expose à une thrombose du stent, complication grave et brutale.

Concrètement : ce traitement ne s’arrête jamais de sa propre initiative, pas même quelques jours, pas même « parce qu’on saigne un peu des gencives ». Toute intervention prévue — y compris une extraction dentaire ou une chirurgie mineure — doit être signalée au cardiologue avant, afin que la conduite à tenir soit décidée avec le chirurgien ou le dentiste.

Et les risques ?

Comme tout geste invasif, la coronarographie comporte des risques, aujourd’hui faibles pour un examen réalisé en milieu spécialisé. Les plus fréquents sont bénins : hématome ou bleu au point de ponction. Les complications sérieuses — réaction allergique au produit de contraste, atteinte de la fonction rénale, trouble du rythme, complication vasculaire — sont rares. Le rapport entre ce risque et le bénéfice attendu est évalué au cas par cas ; c’est précisément l’objet de la consultation qui précède le geste, où toutes les questions ont leur place.

Le stent ne dispense pas du reste

Une artère rouverte n’est pas une maladie guérie. L’athérosclérose reste présente ailleurs sur le réseau artériel, et elle continue de progresser si rien ne change. Le contrôle de la tension, du cholestérol et du diabète, l’arrêt du tabac et l’activité physique régulière font partie intégrante du traitement — au même titre que le geste lui-même. C’est l’objet du suivi de prévention cardiovasculaire.

Pour en savoir plus sur ces gestes, voir la page Cardiologie interventionnelle et cathétérisme cardiaque.

Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas une consultation médicale : seul un examen clinique permet d'établir un diagnostic et d'adapter un traitement.

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